Cavendish, c'est fort!  posté le dimanche 13 juillet 2008 12:05

La huitième étape du Tour de France emmenait les coureurs de Figeac à Toulouse, pour un parcours d’une longueur totale de 172 kilomètres.  Une étape de transition, avant d’aborder les étapes pyrénéennes, premier juge de paix de cette édition 2008.

 La veille, le premier scandale de dopage de ce Tour de France 2008 avait éclaté, avec l’annonce du contrôle positif à l’EPO de Manuel Beltran, 37 ans, de l’équipe Liquigas. Le coureur a été exclu sur le champ du Tour par les organisateurs mais son équipe a pris ce matin le départ de l’étape. Une décision quelque peu surprenante, quand on sait que l’an dernier, l’équipe Cofidis toute entière avait été exclu à cause du dopage d’un seul de ses coureurs, Cristian Moreni. Le répit aura donc été de courte durée, en ce qui concerne le sujet du dopage, puisque moins d’une semaine après le début de la course, le dopage resurgit au premier plan, faisant de l’ombre aux performances sportives des coureurs. D’autant que, on vous l’annonçait à la fin de l’article d’hier, une dizaine de coureurs devraient recevoir d’ici peu un avertissement de la part de l’agence française antidopage pour des paramètres sanguins anormaux. Espérons que le dopage ne ternira pas la formidable aventure sportive qu’est le Tour de France.

 

Pour revenir au cyclisme à proprement parler, et c’est ce qui nous intéresse réellement, cette étape ne présentait pas de réelles difficultés, uniquement des côtes  de quatrième et troisième catégorie en début d’étape. Un profil d’étape tout à fait favorable aux attaquants. Une échappé se dessina après une vingtaine de kilomètres, à l’initiative de Laurent Lefèvre, régional de l’étape, et coureur de l’équipe Bouyges Télécom. Dans un premier temps parti en solitaire, il fut rapidement rejoint par  par son coéquipier Jérôme Pineau ainsi que par Christophe Riblon de l’équipe AG2R et le Basque Txurruka de l’équipe Euskaltel. Le peloton, sous la conduite de l’équipe Columbia, ne laissera jamais les quatres fuyards à plus de 5 minutes et 20 secondes d’avance.

La principale raison de cette « méfiance » du peloton était dû à la présence dans l’échappée de Pineau, 30ème au Général à 4 minutes environ du Maillot Jaune.

 Le Français représentait donc une menace pour l’équipe Columbia qui s’évertua donc à ne pas lui laisser trop de champ. 

 A 60 kilomètres de l’arrivée, les équipes de sprinters remplacèrent l’équipe Columbia à l’avant du peloton et augmentèrent l’allure. En moins de 15 kilomètres, le peloton revint alors à moins de 50 secondes des échappés. Un rapproché très rapide qui soulignait là la volonté des équipes de sprinters de ne pas laisser passer la dernière occasion d’un sprint massif avant les Pyrénées, eux qui s’étaient fait de belles frayeurs lors de la cinquième étape, ne revenant sur Nicolas Vogondy qu’à 50 mètres de la ligne d’arrivée. Le peloton décida ensuite de ralentir l’allure, préférant gérer l’avance des fuyards pour, stratégiquement, ne les rattraper qu’à quelques kilomètres du terme de l’étape, minimisant ainsi le risque de ne pas arriver au sprint.

 Les hommes de tête, sous une pluie battante depuis le début de l’étape, accélérèrent alors, principalement sous l’impulsion de Jérôme Pineau, qui faisait forte impression. Ils résistèrent vaillamment au peloton pendant près de 40 kilomètres. A 10 kilomètres de l’arrivée, Txurruka et Pineau lâchèrent leur compagnons d’échappée et jouèrent alors leur va-tout . Mais le peloton, emmené par l’équipe Crédit Agricole et la Liquigas, revint sur eux à 6 kilomètres de l’arrivée. Le sprint était alors inévitable et, après un dernier virage dangereux à 1,2 kilomètre de l’arrivée, c’est Marc Cavendish qui s’imposa de façon magistrale, deux bonnes longueurs devant son coéquipier et poisson pilote Ciolek et le Français Jimmy Casper.

 

Marc Cavendish signe là sa deuxième victoire d’étape sur ce Tour 2008, confirmant qu’il est actuellement le meilleur sprinteur au monde. Sa faculté d’accélération dans les 100 derniers mètres en fait l’un des favoris pour le Maillot Vert. L’équipe Columbia compte donc déjà sur ce Tour deux victoires d’étape et détient actuellement le Maillot Blanc et le Maillot Jaune. Une sacré équipe  qui nous fait penser à la Discovery Channel du temps de Lance Armstrong.

 

Le Luxembourgeois Kim Kirchen conserve donc la tête du Classement Général, devançant de quelques secondes l'Australien Cadel Evans et l'Allemand Stephan Schumacher. Le premier Français, Jérôme Pineau, est 29ème. Le Maillot Blanc reste sur les épaules de Thomas Lovkist tandis que le Maillot à Pois Rouges est toujours porté par David de la Fuente. Le Maillot Vert change d'épaule, puisque Oscar Freire, grâce à sa 4ème place aujourd'hui, s'empare de la tête du Classement par Points, détrônant Kim Kirchen.

 

La 9ème étape du Tour emmènera les coureurs de Toulouse à Bagnères de Bigorre, sur un tracé long de 224 kilomètres. C'est la première étape Pyrénéenne, avec au menu 5 difficultées, dont deux cols de Première Catégorie, le Peyresourde et le Col d'Aspin. L'arrivée ne se fera pas au sommet, mais 26 kilomètres après le sommet du Col d'Aspin. Pour cette raison, on peut penser que les favoris ne se dévoileront pas aujourd'hui, préférant attendre l'étape suivante, avec une arrivée au sommet à Hautacam. Cependant, certains coureurs, vexés de la tournure des évènements comme Cunego ou Ricco, victime d'une chute hier qui l'a obligé à faire un effort important pour revenir dans le peloton, décideront peut être de se faire la belle.

Gege

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