La cérémonie d'ouverture des JO vise habituellement à célébrer la fraternité entre les peuples tout en exaltant la fierté nationale de l'organisateur à travers un savoir-faire en matière de spectacle. Cette fois toute la Chine a été mobilisée afin de produire l'autocélébration la plus spectaculaire jamais proposée lors des Jeux Olympiques.
Les régimes communistes ont développé l'art des célélbrations destinées à souder le pays (ou plutôt les ethnies qui composent le pays) en déployant les richesses déjà obtenues en commun et en indiquant l'avenir resplandissant vers lequel tout le monde tend avec le sourire. Cet héritage, la Chine la resservit au monde entier, à grand renfort de figurants, de chorégraphies millimétrées, de costumes et feux d'artifices éblouissants. On en a eu plein les yeux. Les lieux communs attendus étaient certes au rendez-vous: invention du papier, de l'imprimerie, de la soie, arts traditionnels, Confucius et la conquête spatiale. La mise en scène léchée de Zhang Yimou a été à la hauteur de sa réputation, faite de grâce et d'un rythme parfaitement maîtrisé. On ne nous a pas épargné l'hymne fraternel composé pour la circonstance et interprété par le couple indispensable de la vedette masculine locale et de la belle anglaise aux yeux bleus. La Chine est une très grande puissance et elle a mis les moyens pour le faire savoir.
En comparaison le défilé des délégations, qui font assaut de mauvais goût vestimentaire pour évoquer leurs couleurs nationales, a fait bien piètre figure, d'autant qu'il dure, qu'il dure... Autant que les discours...
L'arrivée de la flamme tant attendue fut le clou de la soirée. Ele finit son tour de stade entre les mains d'un gymnaste qui fut hissé sur le toit du stade: ils en fit le tour dans une course représentant le parcours de la flamme depuis Olympie, puis il embrasa un énorme flambeau, aussi puissant qu'une torchère, avant qu'un déluge de feux d'artifice n'embrasât le ciel de toute la ville. Une démesure à la mesure du pays organisateur.
