Les trois-quarts toulousains consituent plus des 3/4 des lignes arrières. Ce n'est pas une nouveauté, mais c'est quand même une exceptionnel. Le seul à ne pas faire partie de la famille est Malzieu ; sinon tous sont Toulousains ou l'ont été, y compris les remplaçants. Nous arrivons donc à 5 joueurs sur 7 évoluant actuellement au Stade : Poitrenaud, Heymans, Jauzion, Fritz et Médard. Et encore il manque Clerc, qui revient juste de blessure ! Tous les arrières de Toulouse sont internationaux. L'autre "extérieur", Baby, est toulousain de formation. On se rappelle qu'il avait quitté équipe de France après justement un match contre l'Irlande au cours duquel il avait marqué son premier essai ... et démoli O'Driscoll; On se rappelle aussi qu'il avait été remplacé par Fritz, son alter ego en second centre.
La tradition d'une attaque toulousaine remonte loin, puisque Toulouse a longtemps brillé grâce à ces ailiers et arrières : Villepreux, Bourgarel, les frères Bonal et bien sûr Noves en personne. Depuis 10 ans ces lignes arrières sont la fierté du rugby français. C'est d'abord une école, produisant régulièrement tellement de joueurs qu'elle ne peut les faire jouer tous. D'ailleurs les cinq de demain ne sont titulaires ensemble que par intermittence, et pas forcément au poste qu'ils occuperont. Baby, souvent blessé et en proie à d'autres problèmes, a fini par partir. C'est aussi le cas d'un autre convoqué, Maxime Mermoz, qui s'est imposé à Perpignan et qui fait partie de la génération des -21 ans qui arrive aux affaires. Mais Toulouse sait aussi faire venir des joueurs susceptible de renforce l'effectif tout en se fondant dans le style local. Jauzion en est, avec Heymans, le plus bel exemple : réputé par sa force de pénétration quand il était à Colomiers, il a progressé au point d'être en 2005 considéré comme le meilleur centre du monde . Et son remplaçant est déjà prévu Yann David, venant de Bourgoin, et que l'on a vu une fois l'an dernier.
Si cette surreprésentation Toulousaine est un gage de cohésion et de fluidité, elle pose cependant la question du manque de concurrence au niveau national. De fait aucune des équipes qui dominent le Top 14 n'offre un jeu d'attaque aussi fort, ou alors elle s'appuie sur des joueurs étrangers : Nalaga à Clermont, par exemple. L'évolution qui voit l'arrivée en masse de joueurs du Sud toniques et puissants se fait au détriment de la fluidité. l'obstacle de la langue et l'absence de culture rugbystique commune conduit à parer au plus pressé et à privilégier des lancements de jeu stéréotypés. Ainsi se forme un nouveau prototype de l'attaquant, qui exclut des gabarits légers : Bastareau en est le plus exemple. Corrélativement, les meilleurs joueurs des clubs de second rang sont tentés rapidement de muter pour des clubs qui leur ouvriront les portes vers la consécration internationale. Ils ne finissent pas leur maturation.