Le jolis yeux de Gabriela Sabatini enchantaient Roland Garros, qui aurait bien voulu qu'elle puisse dominer Steffi Graff ou Monica Seles, contgre lesquelles elle s'inclinait à chaque fois en demi-finale. Quand le règne du duo Navratilova-Evert s'acheva, Graff prit la relève et quand Graff fléchit, le relai fut pris par Seles. ce n'était jamais l'heure de Sabatini. Sauf une fois, à l'US Open 1990. Mais pourquoi comparer Mauresmo et Sabatini? Car la Française, elle, a remporté plus de titres et a été n°1 mondiale.
Le point commun est le type de jeu pratiqué. Le lift bondissant de l'école argentine demande une puissance que peu de filles étaient capables de produire. En plus Gabriela exécutait son revers d'une main, comme Amélie. La puissance encore supérieure de Mauresmo lui permet(tait) de repousser très loin ses adversaires. Mais à quinze ans de distance, leur destin finit par se ressembler : leurs adversaires sont de plus en plus piuissantes et surtout frappent plus à plat. Elles sont capables de jouer les lourdes balles à hauteur d'épaule qui gênait la génération précédente. Résultat, Mauresmo se fait déborder par une fille comme Pennetta, qui ne dépasse guère pourtant les huitièmes de finale en Grand Chelem. Alors, pour rivaliser encore avec les soeurs Williams et l'armada de cogneuses russes, elle n'a plus les armes adéquates. Il lui faut se rendre à l'évidence.
Cela étant, Sabatini a profité de sa beauté pour devenir embassadrice du tennis féminin et vendre des parfums - ce qui est une reconversion que lui envient certainement toutes les ex-joueuses, qui au mieux sont consultantes ou responsables de quelque chose à la Fédération. Mauresmo aurait intérêt à se retirer tant qu'elle bénéficie d'une certaine notoriété, plutôt que de s'acharner à décevoir un public versatile.